Le Kevazingo, essence de toutes les convoitises

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Essence rare très prisée à l’international par les opérateurs économiques forestiers, le Kévazingo est, de l’avis des experts, vendu à prix d’or sur le marché. Le mètre cube de bois coûterait environ 2 millions de francs. D’où son intérêt.

Guibourtia tessmannii est un arbre qu’on retrouve surtout en Afrique Centrale, au Cameroun, en Guinée équatoriale et au Gabon. Plus connu sous le nom de kevazingo, il est utilisé comme bois d’œuvre pour l’ameublement des bureaux et des maisons (chaises et tables). C’est un arbre pouvant atteindre 40 m de haut et 200 cm de diamètre. De couleur rouge, noire ou marron, ce bois qu’on appelle aussi Oven (en langue Fang) ou Bubinga (par les Occidentaux) est particulièrement prisé par les Asiatiques, notamment Japonais et Chinois.
Parfois astronomique par rapport aux autres essences, un gros diamètre vendu en un seul bloc peut atteindre 2 millions de F CFA à Libreville. Le Kevazingo est rare et met des années à arriver à maturité. Le Gabon a interdit l’exportation de grumes brutes depuis 2010. Et tout arbre abattu doit faire l’objet d’au moins une transformation locale avant d’être exporté.
Or pour le Kevazingo, cette mesure n’est pas forcément respectée, affirme un exploitant forestier sous l’anonymat. « C’est vraiment une chasse effrénée, des pistes, des routes sont ouvertes spécialement pour abattre le Kevazingo, une manne assez importante échappe à l’État gabonais. La coupe du Kevazingo n’est pas interdite, mais toute coupe doit être déclarée et le diamètre d’exploitabilité doit être respecté, ce qui n’est pas toujours le cas », explique-t-il.

Selon les responsables des ONG environnementales, l’exploitation effrénée du Kevazingo est menacée d’extinction d’ici 10 ans. D’après le rapport de l’ONG Conservation Justice «Il fait désormais l’objet d’une exploitation intensive et généralement illégale qui menace son maintien au sein des écosystèmes gabonais. Les implications et conséquences de cette exploitation anarchique sont nombreuses», alertait le rapport de l’ONG Conservation Justice.
AIL

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